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Je vous propose de découvrir dans ce blog les 24 articles qui détaillent la construction d'une prame voile aviron de 4.10 m.
La mise à l'eau a été réalisée le 22 avril 2010 en présence de la revue "le chasse-marée", qui a publié un article dans le N° 226.
Ce numéro peut être commandé à la revue, mais vous pouvez aussi voir d'autres photos sur le site du "chasse-marée" dans la rubrique "les compléments du WEB" en suivant le lien du N° 226.
Je souhaite à chaque bloggeur une bonne visite.
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Fabrication et pose des clins:
Commence ici pour moi la partie la plus incertaine de la construction. En effet c’est la première fois que je vais tracer des clins sur des relevés que je dois effectuer.
De plus comme j’ai choisi de couper les feuilles de CP deux par deux, pour débiter en même temps les clins bâbord et tribord (afin de garantir une construction symétrique), je m’expose au risque de faire deux fois la même erreur, en cas de mauvais relevé.
Pour diminuer le risque d’erreur, j’ai choisi de ne faire les scarfs qu’au moment de la pose, pour pouvoir corriger les petits écarts le cas échéant.
Il y a onze paires de clins à tracer et à poser. Seuls les clins ‘galbords’ sont vissés sous le chapeau de quille. Les autres sont fixés entre eux par des rivets cuivre. Tous les clins sont vissés à l’avant dans la râblure de quille, et à l’arrière sur le tableau.
Chaque clin est composé d’une longueur de 2,500 m , plus une sur-longueur pour arriver jusqu’à 4,400 m (le clin le plus long) . Les scarfs sont positionnés en quinconce et toujours avec la face supérieure intégrée à la partie avant du clin, pour ne pas se décoller dans le sens d’écoulement de l’eau.
Lors de la pose de chaque clin, la grande longueur est posée la première (2,500 m) avec le scarf préparé. Ensuite la partie restante (petite longueur) est tracée et l’autre partie du scarf est ajustée, avant la fixation. Le scarf est collé en position.
Pour la mesure des clins, j’utilise deux grandes règles larges (100 mm) très souples, sur lesquelles est tracé dans l’axe sur la longueur au milieu, un trait entrecoupé tous les 200 mm de traits perpendiculaires.
Pour le relevé, la règle est maintenue dans la position souhaitée du clin (trévirure); et à la hauteur des traits perpendiculaires, avec un réglet. Les écarts sont notés entre le point à atteindre et l’axe de la règle (le trait tracé au milieu)
-une règle de 2,700 m permet de relever les clins de 2,500 m
-une règle de 1,600 m permet de relever les extrémités de clins (petites parties)
Les points relevés sont ensuite reportés sur les feuilles de CP et le tracé de découpe est réalisé avec une règle fine souple maintenue en position par des poids. Ce premier tracé représente la partie qui sera en recouvrement du clin déjà en place.
Ensuite il faut aux extrémités du premier tracé reporter la largeur maximale (relevée sur le chantier), ainsi que la valeur mesurée à la perpendiculaire des gabarits de forme. A l’aide de la règle souple, le second trait de découpe du clin est tracé, en harmonisant la courbure.
Il suffit de découper en suivant le tracé, deux feuilles de CP superposées pour obtenir les clins ‘bâbord/tribord’. Les extrémités de clins sont ajustées au tableau ou à la râblure, ou alors ‘scarfées’. Avec un compas, il faut ensuite tracer un trait à 15 mm du bord du clin, représentant le recouvrement du clin suivant.
Le premier clin (les galbords) est particulier, dans la mesure ou il est vissé et collé sur toute la longueur. Il est donc totalement façonné (trous de fixation compris) avant la pose.
L’ajustement dans la râblure est soigné avant d’être collé et fixé, et les extrémités de clins (coté tableau et coté étrave) sont chanfreinées de façon dégressive sur environ 500 mm, afin que le clin suivant vienne affleurer le clin précédent.
Cet usinage permet aux clins de ne rester à recouvrement apparent que sur la longueur de la coque, et que le recouvrement puisse s’évanouir aux extrémités.
En dehors des galbords collés lors de la pose, les autres clins sont montés à sec. Par contre les scarfs sont collés à l’époxy et maintenus en position (sous presse) au moins 24 heures.
Après séchage du scarf, il est alors possible avec une ponceuse à bande, de chanfreiner sur la longueur totale du clin posé, la surface d’appui du clin suivant (la bande de recouvrement de 15 mm). Le chanfrein est très légèrement rayonné pour faciliter la pénétration de la colle époxy (le collage est fait lorsque tous les clins sont posés)
Une fois le premier clin posé, le maintien des suivants se fait à l’aide des canaps, et les rivets sont posés au fur et à mesure (un sur deux en attendant la pose des membrures ployées).
Il est important d’avoir un contact franc entre les clins, et principalement au droit des
rivets.
La pose des rivets (carré de 2 mm) est faite après perçage d’un trou de diamètre 1,5 mm. Le rivet est enfoncé par l’extérieur, puis la contre-rivure est enfoncée par l’intérieur.
La sur-longueur du rivet est coupée, puis est maté sur la bouterolle maintenue fermement à l’intérieur de la coque
Lors de la pose de la première partie d’un clin, l’extrémité scarfée est maintenue et protégée par un canap (jusqu’à la présentation de la seconde partie).
la partie la plus contraignante est faite, et maintenant la pose est rodée et les clins s’enchaînent les uns après les autres. La vigilance reste quand même de mise……..
D’ailleurs un coup d’œil à l’intérieur est nécessaire à chaque clin, pour vérifier que les recouvrements sont respectés.
En cas d’écart, il toujours possible de le rattraper, mais alors il est préférable de le répartir sur plusieurs clins, pour ne pas choquer l’œil……
Et voilà les onze clins sont posés de chaque coté. On découvre maintenant la forme de la coque, mais un gros travail de collage et de ponçage reste à faire.
A l’arrière au droit du tableau, les sur-longueurs de clins sont arasées et poncées jusqu’à affleurement.
Maintenant que la coque est assemblée, avant de la retourner pour les aménagements intérieurs, elle est entièrement enduite d’époxy d’imprégnation fortement dilué à l’eau.
Puis après un ponçage au grain de 80, les joints congés sont réalisés, tout d’abord aux extrémités (là ou les chanfreins s’évanouissent), et ensuite sur toute la longueur de la coque.
Des bandes adhésives protègent des excédents de colle, en prévision d’un ponçage qui s’annonce fastidieux, alors autant éviter ce qui n’est pas nécessaire…….
Lors de la pose du joint époxy, il ne faut pas hésiter avec une spatule, à forcer la colle à bien pénétrer dans les interstices du recouvrement, avant de rayonner le congé.
Tous les moyens sont bons, du doigt…..à la pomme de terre taillée…..en passant par une spatule en PCV……le choix des armes ne manque pas et n’a de limite que l’inspiration du moment.
C’est un travail assez facile mais fastidieux, et avec du temps on y arrive…. Après il n’y a plus qu’à laisser réticuler quelques jours, avant de poncer tous les joints et les clins en même temps.
Le ponçage, au grain de 80 puis 120, est fait d’abord sur les joints qui sont devenus très durs. Je me suis aidé d’une forme sur laquelle j’enroulais le papier de verre. Puis la totalité de l’extérieur de la coque a été poncée au grain de 180.
Puis une nouvelle couche d’époxy d’imprégnation (faiblement dilué) a été passée, donnant à la coque cet air satiné. Dès lors il est possible, après au moins 48 heures de séchage, de retourner la coque pour faire les aménagements intérieurs.
Je me suis servi du même chantier mobile dont j’ai retiré les gabarits de coque et fait deux berces, pour soutenir la coque en position de flottaison.
Et voilà il suffit de refaire à l’intérieur ce qu’on a déjà fait à l’extérieur….. imprégnation
fortement diluée….ponçage…..joints congés….. et ponçage aux grains de 80, 120 et 180 ……..
……pour arriver au résultat suivant, avant la pose des membrures ployées et des aménagements intérieurs.
Pour mémoire, le décompte de temps permet de mesurer qu’à ce stade de la construction, j’étais à peine à mi-chemin.
On voit bien les rivets posés, les repères sur le clin supérieur de la position des membrures. On voit aussi les scarfs qui sont bien en quinconce.